lundi 27 décembre 2010

Etablir un plan de trésorerie

Si les difficultés de trésorerie sont très fréquentes dans une entreprise, elles ne sont pas nécessairement la conséquence d’une mauvaise gestion de son dirigeant. En cause : les décalages entre encaissements et paiements, inhérents le plus souvent à l’activité. D’où la nécessité de repérer au plus tôt ces impasses, à travers un plan de trésorerie. 


  Au niveau national, depuis une quinzaine d’années, le nombre des entreprises en difficulté oscille bon an mal an entre 40 000 et 60 000 avec un accroissement ses deux dernières années du à la crise.  Autre grandeur significative : si le dépôt de bilan frappe quelques grandes ou moyennes entreprises, la plupart d’entre elles (au moins 80 %) sont des petites entreprises, en particulier dans le secteur des services. De plus, celles qui se présentent devant le tribunal de commerce ont presque toutes des actifs très faibles, sont fortement endettées et… démunies de toute trésorerie permettant de rembourser les créanciers impatients.


  Force est de constater que l’argent est toujours, dans l’entreprise comme ailleurs, le nerf de la guerre. On l’encaisse, on le dépense pour le transformer, au besoin on l’épargne pour le faire fructifier. En un mot, la trésorerie doit se gérer. Elle est même, au coeur de l’entreprise, une priorité.
Par exemple, dans les commerces, si les recettes sont le plus souvent étalées au jour le jour, les dépenses sont rassemblées à certaines dates. Tandis que dans les entreprises de production (dans le bâtiment par exemple), les rentrées sont le plus souvent inégalement réparties au cours de l’exercice. Résultat : un chef d’entreprise peut être à l’aise le 10 du mois et être gêné le 30 à cause d’une échéance. L’important est de savoir que cette situation n’est pas exceptionnelle et qu’il faut gérer sa trésorerie comme ses stocks, de façon à en avoir ni trop, ni trop peu. Mais encore faut-il mettre en place et utiliser de bons outils.

Etablir un plan de trésorerie
  Établir un plan de trésorerie.Puisque la trésorerie est un point crucial dans la gestion d’une entreprise, il est donc indispensable, non seulement de la suivre en permanence, mais aussi de l’anticiper.Il convient alors d’établir un plan de trésorerie. Pour le définir, disons qu’il s’agit d’un cadre dans lequel vont se confronter, d’un côté le financement des besoins de trésorerie, et de l’autre côté, le placement des ressources de trésorerie. 

  Mais comment l’établir ? Tout simplement sous la forme d’un tableau, où figurent, mois par mois, les entrées comme les sorties d’argent prévues. Attention : pour nombre d’opérations comme les ventes de biens et de services ou les achats de matières et de marchandises, vous devrez tenir compte des délais de règlement dont elles sont assorties. Autrement dit, vous inscrirez le montant de la recette au moment où vous êtes censé l’encaisser et la dépense à celui où vous pensez (devez) la payez. 

  Il ne faut pas non plus négliger l’incidence de la TVA sur votre trésorerie, tant celle que vous récupérez sur les achats que celle que vous reversez au trésor. Une fois reportées toutes les opérations prévisibles, un solde est ensuite dégagé à chaque fin de mois et reporté au début du mois suivant. On peut effectuer des prévisions encore plus précises.
Des exemples ? Le loyer est payé le premier de chaque mois, les salaires sont versés le 30, le remboursement de l’emprunt intervient le 20, tandis que le règlement du crédit-bail informatique s’effectue par virement le 10.

Un conseil : s’il est possible de suivre ainsi l’évolution prévisible de la trésorerie après chaque entrée et chaque sortie, mieux vaut être un peu plus pessimiste que trop optimiste. En effet, en anticipant de quelques jours les sorties et en programmant des dates tardives pour les rentrées, on se met, a priori, à l’abri de mauvaises surprises.

Globalement, la lecture du plan de trésorerie peut faire apparaître deux cas de figure :
     Le compte bancaire est à découvert de façon chronique : il faut alors réagir et envisager sérieusement des actions correctrices ;
     Le compte est à découvert épisodiquement, en raison de quelques retards d’encaissements par exemple. L’on peut alors intervenir pour raccourcir les délais accordés aux débiteurs.

Se constituer un fonds de roulement
  Dans le cas où la situation serait chronique, il faut alors examiner le bilan de l’entreprise, à tout le moins les comptes, pour comprendre les raisons de ce dérèglement. Engagée dans une course à la modernisation de ses équipements, une entreprise peut, par exemple, réaliser des investissements, sans qu’elle ait les capitaux propres pour les couvrir, ou effectuer un emprunt d’un montant insuffisant.

  Une autre peut avoir un décalage d’aucuns diront un retard- structurel d’un ou deux mois difficiles avant l’arrivée d’une recette salvatrice.

  La solution ? S’il n’existe pas de remède miracle, il faut tendre vers une consolidation des fonds propres, soit par un apport personnel exceptionnel, un nouvel emprunt à long terme bien négocié, une accélération des rentrées des clients ou encore une ponction momentanément raisonnable des bénéfices, etc. Autrement dit, il faut reconstituer ce que les financiers appellent le fonds de roulement, une sorte de matelas de sécurité qui absorbera tous les aléas économiques de l’activité.

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